Choisir entre une couronne en zircone et une couronne dite « en céramique » peut sembler simple. La zircone est souvent présentée comme particulièrement résistante, tandis que la céramique serait privilégiée pour son esthétique. Cette opposition est pourtant trop simpliste et peut conduire à de mauvaises interprétations. La zircone appartient elle-même à la famille des céramiques dentaires et les matériaux disponibles aujourd’hui possèdent des propriétés très différentes. Le choix dépend donc moins d’un classement entre « bon » et « mauvais » matériau que de la dent à restaurer, de sa position, de son état, des contraintes masticatoires et du résultat esthétique recherché.
Couronne en zircone ou en céramique : compare-t-on vraiment deux matériaux différents ?

Dans le langage courant, les patients opposent souvent la couronne en zircone à la couronne en céramique. Cette distinction est compréhensible lorsqu’elle apparaît sur un devis ou dans la présentation des différentes solutions prothétiques, mais elle n’est pas totalement exacte d’un point de vue technique. La zircone, plus précisément le dioxyde de zirconium utilisé en dentisterie, est elle-même une céramique. Il serait donc plus juste de comparer une couronne en zircone à une couronne réalisée avec une autre famille de céramiques, notamment les céramiques vitreuses comme le disilicate de lithium.
Cette précision est importante car toutes les couronnes en zircone ne sont déjà pas identiques. Certaines sont monolithiques, c’est-à-dire usinées essentiellement dans un seul matériau, tandis que d’autres associent une infrastructure en zircone à une céramique de recouvrement. Les générations récentes de zircone peuvent également présenter des niveaux de translucidité différents. Il n’existe donc pas une zircone unique possédant exactement les mêmes caractéristiques dans toutes les situations.
Le terme « couronne céramique » recouvre lui aussi plusieurs réalités. Deux couronnes dépourvues de métal peuvent avoir une composition, une résistance, une translucidité et un mode de fabrication différents. C’est pourquoi un patient ne devrait pas seulement demander si sa future couronne sera « en céramique », mais connaître le matériau proposé et comprendre pourquoi le praticien le considère adapté à la dent concernée.
Cette distinction permet surtout d’éviter une idée reçue : la zircone ne constitue pas l’alternative non céramique à la céramique. Le véritable choix consiste à sélectionner, parmi plusieurs matériaux céramiques, celui dont les propriétés correspondent le mieux à la situation clinique.
Quelles sont les principales céramiques utilisées pour fabriquer une couronne dentaire ?
Les céramiques dentaires ont considérablement évolué. Pendant longtemps, la couronne céramo-métallique a constitué une solution de référence : une armature métallique apportait la résistance et une céramique de recouvrement reproduisait l’apparence de la dent. Les restaurations tout céramique permettent aujourd’hui de se passer de cette infrastructure métallique dans de nombreuses indications.
La zircone occupe une place importante parmi ces matériaux. Elle peut être utilisée sous différentes formes selon la résistance et le niveau de translucidité recherchés. Une zircone monolithique est particulièrement intéressante lorsque les contraintes mécaniques sont importantes. D’autres générations privilégient davantage les propriétés optiques et peuvent être envisagées dans des zones plus visibles. Une zircone peut également servir d’infrastructure à une restauration stratifiée avec une céramique esthétique en surface. Notre article consacré aux types de zircone pour une couronne dentaire détaille ces différences et leurs principales indications.
Parmi les autres matériaux, le disilicate de lithium est fréquemment employé pour des restaurations tout céramique, notamment lorsque l’intégration esthétique occupe une place importante. Ses propriétés optiques permettent de reproduire certains effets de translucidité et de profondeur présents dans une dent naturelle. Son indication dépend néanmoins de la restauration envisagée, de son épaisseur et des contraintes auxquelles elle sera soumise.
Il ne faut donc pas considérer toutes les céramiques comme interchangeables. Leur composition influence leur comportement mécanique et optique ainsi que les techniques utilisées pour leur mise en place. La fabrication d’une couronne en zircone, par exemple, repose largement sur une chaîne numérique associant conception assistée par ordinateur, usinage et frittage. Le choix du matériau doit intervenir avant cette fabrication et être cohérent avec le projet prothétique.
Quelles différences entre une couronne en zircone et une couronne en disilicate de lithium ?

La comparaison entre zircone et disilicate de lithium est beaucoup plus pertinente que l’opposition générale entre « zircone » et « céramique ». Ces deux matériaux appartiennent à la famille des céramiques, mais leur structure et leurs propriétés ne sont pas identiques. Ils peuvent donc répondre à des objectifs différents.
La zircone est particulièrement connue pour ses propriétés mécaniques. Certaines formulations sont adaptées aux secteurs où les forces de mastication sont importantes et peuvent être utilisées pour des couronnes postérieures ou certaines restaurations de plus grande étendue. L’évolution des matériaux a également permis d’obtenir des zircones plus translucides qu’auparavant, élargissant leurs possibilités dans les secteurs visibles.
Le disilicate de lithium présente quant à lui des propriétés optiques particulièrement intéressantes. Sa translucidité permet, dans des indications appropriées, de reproduire avec finesse la façon dont la lumière traverse une dent naturelle. Cette caractéristique explique son utilisation fréquente pour certaines restaurations antérieures. Cela ne signifie cependant pas qu’une couronne en disilicate de lithium sera automatiquement plus belle qu’une couronne en zircone. Le résultat dépend aussi de la teinte de la dent située dessous, de l’épaisseur disponible, de la préparation réalisée par le praticien et du travail du laboratoire.
La résistance ne doit pas non plus être interprétée isolément. Une couronne extrêmement résistante mais mal indiquée, insuffisamment ajustée ou soumise à une occlusion défavorable peut connaître des complications. À l’inverse, une céramique moins résistante sur le papier peut offrir une excellente longévité lorsqu’elle est utilisée dans une indication adaptée.
Le choix ne consiste donc pas à déterminer quel matériau « gagne » le comparatif. Le dentiste recherche plutôt le meilleur compromis entre résistance, esthétique, conservation des tissus dentaires et conditions de mise en œuvre pour la dent concernée.
Quelle couronne offre le résultat le plus naturel sur les dents visibles ?
Pour une incisive ou une canine, l’esthétique prend généralement une importance particulière. Les dents antérieures sont directement exposées lorsque l’on parle ou que l’on sourit, et de petites différences de teinte, de translucidité ou de forme peuvent être perceptibles. La question ne se limite donc pas à choisir une couronne blanche.
Une dent naturelle n’est jamais totalement opaque et uniforme. La lumière interagit différemment avec l’émail et la dentine, créant des variations de luminosité et de translucidité. Certaines céramiques vitreuses permettent de reproduire efficacement ces phénomènes optiques. Elles peuvent ainsi être particulièrement intéressantes lorsqu’une seule dent antérieure doit être restaurée et qu’elle doit se fondre entre deux dents naturelles.
Les zircones modernes offrent néanmoins des possibilités esthétiques bien supérieures aux premières générations très opaques. Les formulations plus translucides et les blocs présentant des variations de teinte permettent d’obtenir des résultats naturels dans de nombreuses situations. Une restauration stratifiée peut également permettre au prothésiste de travailler plus finement certains effets de couleur et de lumière.
Mais la translucidité n’est pas toujours souhaitable. Lorsqu’une dent est très foncée, qu’elle comporte une reconstitution métallique ou que le support doit être masqué, un matériau trop translucide peut laisser apparaître la couleur sous-jacente. Une certaine opacité devient alors un avantage.
Le résultat dépend enfin du travail clinique et prothétique : préparation de la dent, espace disponible, choix de la teinte, état de la gencive, forme de la couronne et qualité du laboratoire. Pour une dent visible, le meilleur matériau est donc celui qui permet de gérer simultanément la couleur du support et l’intégration avec les dents voisines.
Zircone ou céramique : laquelle résiste le mieux sur les molaires ?
Les molaires supportent des forces masticatoires importantes. Lorsqu’une couronne doit être réalisée dans cette zone, les propriétés mécaniques du matériau prennent donc davantage de poids dans la décision. C’est l’une des raisons pour lesquelles la zircone, notamment sous forme monolithique, est fréquemment envisagée pour les restaurations postérieures.
Sa résistance permet de répondre à des contraintes importantes tout en évitant l’utilisation d’une armature métallique. Une couronne monolithique présente également l’avantage de ne pas comporter une couche de céramique de recouvrement susceptible de s’écailler comme cela peut arriver avec certaines restaurations stratifiées. Cette caractéristique ne signifie toutefois pas qu’elle soit exempte de complications. Les inconvénients de la zircone dentaire doivent eux aussi être pris en considération, notamment en fonction de la conception, de l’état de surface et de l’occlusion.
Le disilicate de lithium peut également être utilisé dans certaines restaurations postérieures lorsque les conditions cliniques le permettent. Le choix dépend alors de l’épaisseur disponible, de la préparation de la dent, du mode d’assemblage et des contraintes propres au patient. Il serait donc excessif d’affirmer que toute molaire doit systématiquement recevoir une couronne en zircone.
L’état de la dent est également déterminant. Une molaire fortement délabrée, une dent ayant déjà subi plusieurs restaurations ou une dent dévitalisée ne présentent pas les mêmes conditions qu’une dent disposant encore d’une quantité importante de tissu sain.
Pour une molaire, la résistance constitue donc un critère majeur, mais elle doit être intégrée à une analyse plus large. Le matériau est choisi en fonction de la dent, de l’espace prothétique disponible et des forces réellement exercées, plutôt qu’en appliquant une règle identique à tous les patients.
Quelle couronne choisir en cas de bruxisme ou de fortes contraintes masticatoires ?

Le bruxisme modifie sensiblement les contraintes auxquelles une couronne dentaire est exposée. Un patient qui serre fortement les mâchoires ou grince des dents pendant son sommeil peut exercer de manière répétée des forces importantes sur ses dents naturelles comme sur ses restaurations. Dans cette situation, le choix du matériau doit être associé à une véritable analyse de l’occlusion.
Une zircone présentant des propriétés mécaniques élevées peut être intéressante lorsque les contraintes sont importantes, particulièrement dans les secteurs postérieurs. Mais choisir un matériau résistant ne suffit pas à régler le problème. Une couronne peut elle-même résister tout en transmettant des forces excessives à la dent support, aux dents antagonistes ou aux autres éléments du système masticatoire.
La conception de la restauration, son épaisseur, son ajustage et surtout la manière dont les dents entrent en contact sont donc essentiels. La finition et le polissage de la surface de la restauration ont également leur importance. Chez certains patients, une protection nocturne peut être envisagée après évaluation par le praticien afin de limiter les conséquences des parafonctions.
Le bruxisme nocturne doit ainsi être signalé au dentiste avant la réalisation des couronnes, même lorsqu’il ne provoque pas encore de douleur. Des signes d’usure des dents, des fractures répétées ou des tensions musculaires peuvent orienter l’examen.
Dans ce contexte, demander simplement « zircone ou céramique ? » ne suffit plus. Le choix doit intégrer le niveau de contrainte mécanique du patient et la manière dont la restauration s’intègre dans son occlusion. Une couronne durable est avant tout une couronne correctement indiquée et conçue pour les conditions dans lesquelles elle devra fonctionner.
Couronne en zircone ou en céramique sur implant : que choisir ?
Une couronne posée sur un implant doit répondre à des exigences légèrement différentes de celles d’une couronne réalisée sur une dent naturelle. L’implant remplace la racine absente et la couronne constitue la partie visible de la restauration. Entre les deux se trouve un élément de connexion permettant de fixer la prothèse. Le choix du matériau de la couronne dépend notamment de la position de l’implant, de l’espace disponible, des contraintes masticatoires et du niveau d’exigence esthétique. La zircone est fréquemment utilisée pour les restaurations implantaires en raison de ses propriétés mécaniques et de l’absence d’armature métallique visible au niveau de la couronne. Dans les secteurs antérieurs, la gestion de la lumière, de la teinte et de la gencive devient particulièrement importante. D’autres céramiques peuvent présenter des propriétés optiques intéressantes, mais leur indication doit être évaluée en fonction de la conception de la restauration et des contraintes auxquelles elle sera soumise. Le choix ne doit donc pas être effectué uniquement à partir du nom du matériau. La position tridimensionnelle de l’implant, la forme de la future dent, les contacts avec les dents antagonistes et la qualité des tissus gingivaux participent directement au résultat. Une couronne en zircone sur implant peut ainsi être une excellente solution lorsqu’elle correspond aux caractéristiques du cas clinique, sans pour autant constituer une réponse automatique pour chaque implant. Comme sur une dent naturelle, c’est l’ensemble de la restauration qui doit être pensé pour obtenir un résultat à la fois fonctionnel, esthétique et durable.
Quelle solution choisir lorsque la dent est dévitalisée ou très foncée ?
La couleur de la dent située sous une couronne influence parfois fortement le choix de la céramique. Une dent ayant subi un traitement endodontique peut progressivement devenir plus sombre, tandis qu’une ancienne reconstitution ou certains matériaux présents dans la dent peuvent également modifier la couleur du support. Dans ces situations, rechercher la translucidité maximale n’est pas nécessairement la meilleure stratégie. Une céramique très translucide peut laisser transparaître une partie de la teinte sous-jacente et compliquer l’intégration esthétique de la couronne, particulièrement sur une incisive. Le praticien et le laboratoire doivent donc trouver un équilibre entre la capacité du matériau à masquer le support et sa faculté à reproduire l’aspect naturel des dents voisines. Certaines zircones possèdent une opacité plus importante et peuvent être intéressantes lorsqu’une couleur sombre doit être masquée. À l’inverse, lorsque le support est clair et que l’environnement clinique le permet, une céramique plus translucide peut favoriser un résultat très naturel. La situation d’une dent dévitalisée doit cependant être évaluée au-delà de sa couleur. Le dentiste vérifie la quantité de tissu dentaire restant, l’état de la racine, la qualité du traitement endodontique et la nécessité éventuelle d’une reconstitution avant de poser la couronne. Une dent très fragilisée ne devient pas plus solide simplement parce qu’elle reçoit le matériau prothétique considéré comme le plus résistant. Le choix entre zircone et autre céramique intervient donc après l’évaluation de la dent support et doit répondre simultanément aux contraintes mécaniques et aux exigences esthétiques.
Couronne en zircone ou céramique : laquelle dure le plus longtemps ?
Il est tentant de comparer les couronnes uniquement à partir d’un nombre d’années annoncé, mais la durée de vie d’une restauration ne dépend jamais du matériau seul. Les couronnes en zircone comme les restaurations réalisées avec d’autres céramiques peuvent présenter une excellente longévité lorsqu’elles sont correctement indiquées, fabriquées et entretenues. Les performances observées dépendent notamment du type de restauration, de la dent concernée et des conditions dans lesquelles elle fonctionne. Une couronne peut rester intacte alors qu’un problème apparaît sur la dent support ou au niveau des tissus qui l’entourent. À l’inverse, une dent parfaitement saine peut nécessiter le remplacement d’une restauration à la suite d’une fracture, d’un défaut d’adaptation ou d’un autre problème prothétique. La précision de la préparation, l’ajustage de la couronne, le protocole de scellement ou de collage, l’occlusion et l’hygiène bucco-dentaire sont donc déterminants. Les habitudes du patient interviennent également : bruxisme, consommation de tabac, hygiène insuffisante ou absence de contrôles peuvent compromettre la pérennité d’un traitement. La durée de vie d’une couronne dentaire doit ainsi être envisagée comme le résultat d’un ensemble de facteurs plutôt que comme une propriété intrinsèque de la zircone ou du disilicate de lithium. Une différence de résistance mesurée entre deux matériaux ne permet pas, à elle seule, de prédire lequel restera le plus longtemps en bouche. L’objectif est donc de sélectionner une restauration adaptée à la situation initiale puis d’en assurer l’entretien et le suivi.
Quels sont les risques et les inconvénients de chaque solution ?
Aucune céramique dentaire n’est dépourvue de limites. La zircone bénéficie d’une résistance mécanique élevée, mais cette caractéristique ne doit pas conduire à la considérer comme indestructible. Une couronne peut se fracturer dans certaines conditions et les restaurations en zircone stratifiée peuvent connaître un écaillage de la céramique esthétique appliquée en surface. Les propriétés des différentes générations de zircone ne sont par ailleurs pas identiques : augmenter la translucidité peut modifier certaines caractéristiques mécaniques, ce qui renforce l’importance d’un choix adapté à l’indication. L’état de surface d’une restauration et la qualité de son polissage sont également importants dans les contacts avec les dents antagonistes. Les céramiques vitreuses, dont le disilicate de lithium, possèdent elles aussi leurs propres contraintes. Leur comportement dépend notamment de l’épaisseur de la restauration, de la préparation dentaire et du protocole d’assemblage. Une mauvaise indication peut donc compromettre une restauration quel que soit le matériau sélectionné. Il faut aussi considérer la possibilité de réparation, la dépose éventuelle de la couronne et la quantité de tissu dentaire disponible. Les inconvénients de la zircone dentaire doivent ainsi être mis en perspective avec ceux des autres matériaux plutôt que présentés isolément. Pour le patient, l’essentiel est de comprendre qu’il n’existe pas de couronne sans risque de complication. Une indication pertinente, une fabrication précise, une bonne gestion de l’occlusion et un suivi régulier ont souvent davantage d’importance que la recherche d’un matériau présenté comme supérieur à tous les autres.
Le prix est-il différent entre une couronne en zircone et une autre couronne en céramique ?
Le prix peut varier entre une couronne en zircone et une restauration réalisée avec une autre céramique, mais le matériau n’est qu’une composante du coût total du traitement. La technique de fabrication, le travail demandé au laboratoire, le niveau de personnalisation esthétique, les honoraires de la clinique et le pays dans lequel les soins sont réalisés peuvent avoir une influence importante. Une couronne antérieure nécessitant un travail esthétique très poussé peut, par exemple, demander davantage de temps au laboratoire qu’une restauration postérieure dont les exigences sont différentes. Il faut également tenir compte de l’état initial de la dent. Un traitement endodontique, une reconstitution ou d’autres soins réalisés avant la couronne peuvent modifier sensiblement le montant final. De la même manière, une restauration sur implant ne doit pas être comparée directement au prix d’une couronne réalisée sur une dent naturelle, puisque le traitement comprend d’autres composants et d’autres actes. Pour les patients envisageant des soins dentaires à l’étranger, les écarts de tarifs entre destinations peuvent devenir significatifs lorsqu’un traitement comporte plusieurs couronnes ou une réhabilitation plus étendue. Comparer uniquement le prix unitaire affiché pour une couronne serait cependant insuffisant. Il faut vérifier le matériau réellement proposé, le nombre de dents concernées, les soins préparatoires, le plan de traitement et les conditions de suivi. Deux devis présentant des montants différents ne correspondent pas nécessairement au même traitement. La comparaison pertinente porte donc sur l’ensemble du projet thérapeutique et non uniquement sur l’étiquette « zircone » ou « céramique ».
Comment le dentiste choisit-il le matériau adapté à chaque dent ?

Le choix d’une céramique résulte d’une combinaison de critères cliniques et esthétiques. La position de la dent constitue un premier élément : une incisive très visible ne présente ni les mêmes exigences esthétiques ni les mêmes contraintes qu’une molaire. Le praticien évalue ensuite la quantité de tissu dentaire disponible, la couleur du support, l’espace nécessaire pour la restauration et les contacts avec les dents opposées. Les habitudes du patient, notamment le serrement ou le grincement des dents, peuvent également modifier le choix. L’objectif esthétique compte évidemment, mais il doit rester compatible avec les exigences mécaniques du cas. Une zircone plus opaque peut être utile pour masquer un support sombre, tandis qu’une céramique présentant davantage de translucidité peut être privilégiée lorsqu’il faut reproduire très précisément une dent antérieure naturelle. Dans d’autres situations, la résistance mécanique prendra davantage d’importance. Les types de zircone disponibles permettent eux-mêmes d’adapter certaines propriétés à l’indication recherchée. C’est pourquoi il n’est pas inhabituel qu’un dentiste choisisse des matériaux différents pour plusieurs dents chez un même patient. Une solution adaptée à une molaire n’est pas obligatoirement celle qui donnera le meilleur résultat sur une incisive. Le choix intervient idéalement dans le cadre d’un plan de traitement global, en tenant compte des autres restaurations déjà présentes et du sourire dans son ensemble. Demander quel matériau est utilisé reste légitime, mais la question la plus utile est souvent de savoir pourquoi ce matériau a été retenu pour cette dent particulière.
Faut-il choisir la zircone simplement parce qu’elle est plus résistante ?
La résistance de la zircone constitue l’un de ses principaux atouts, mais choisir systématiquement le matériau affichant les meilleures performances mécaniques serait une mauvaise façon de raisonner en dentisterie restauratrice. Une couronne doit supporter les forces auxquelles elle sera exposée, mais elle doit également s’intégrer à la dent préparée, respecter les tissus environnants et répondre aux exigences esthétiques du patient. Une résistance supérieure à ce qui est nécessaire n’apporte pas forcément de bénéfice supplémentaire. Sur une dent antérieure, par exemple, les propriétés optiques peuvent occuper une place particulièrement importante. À l’inverse, sur une molaire fortement sollicitée ou chez certains patients présentant des contraintes occlusales importantes, les caractéristiques mécaniques peuvent peser davantage dans la décision. Il faut également distinguer la résistance du matériau de la réussite du traitement. Une couronne très résistante peut échouer si la dent support développe une carie, si l’adaptation est insuffisante ou si les contacts occlusaux sont mal maîtrisés. La comparaison couronne zircone ou céramo-métallique illustre également cette nécessité de mettre en balance plusieurs critères plutôt que d’isoler une seule propriété. Il n’existe donc pas de matériau universellement supérieur pour toutes les dents et tous les patients. Les progrès des céramiques permettent aujourd’hui au praticien de choisir parmi plusieurs solutions possédant chacune leurs avantages. La bonne couronne n’est pas nécessairement la plus résistante : c’est celle dont les propriétés correspondent le mieux à la dent, à son environnement et aux contraintes qu’elle devra supporter.
FAQ – Couronne zircone ou céramique
La zircone est-elle une céramique ? Oui. La zircone utilisée en dentisterie appartient à la famille des céramiques. L’expression « zircone ou céramique » désigne généralement, dans le langage courant, une comparaison entre la zircone et d’autres céramiques dentaires, comme le disilicate de lithium.
Quelle couronne est la plus esthétique ? Il n’existe pas de réponse unique. Certaines céramiques vitreuses possèdent une excellente translucidité, mais les zircones modernes permettent également d’obtenir des résultats très naturels. La dent support, la position de la couronne et le travail du laboratoire sont déterminants.
Quelle couronne choisir pour une dent de devant ? Le choix dépend notamment de la couleur de la dent support, de l’espace disponible et de l’intégration recherchée avec les dents voisines. Une céramique très translucide n’est pas systématiquement préférable, notamment lorsqu’un support foncé doit être masqué.
La zircone est-elle préférable pour une molaire ? Elle est fréquemment utilisée dans les secteurs postérieurs en raison de ses propriétés mécaniques, mais elle n’est pas la seule possibilité. Le choix doit être effectué en fonction de la dent et des contraintes masticatoires.
Peut-on poser une couronne en zircone sur une dent dévitalisée ? Oui, lorsque l’état de la dent permet sa conservation et que cette solution correspond au plan de traitement. Le praticien doit notamment évaluer la racine, la quantité de tissu restant et la reconstitution nécessaire.
Quelle couronne privilégier lorsqu’on grince des dents ? Le matériau ne peut pas être choisi indépendamment de l’occlusion. Le dentiste doit évaluer les forces exercées, les signes d’usure et la conception de la restauration. Une protection nocturne peut être envisagée dans certaines situations.
Une couronne en zircone peut-elle se casser ? Oui. La zircone présente une résistance mécanique élevée, mais aucune restauration dentaire n’est incassable. La conception, l’épaisseur, l’occlusion et les habitudes du patient influencent le risque de complication.
Quelle solution dure le plus longtemps ? Il n’est pas possible de garantir qu’un matériau durera systématiquement plus longtemps qu’un autre. La longévité dépend du matériau, mais aussi de l’indication, de la qualité de réalisation, de l’état de la dent, de l’hygiène et du suivi.
Sources
Benli M. et al. – Clinical performance of lithium disilicate and zirconia CAD/CAM crowns using digital impressions: A systematic review
Revue systématique comparant les performances cliniques des couronnes CAD/CAM en zircone et en disilicate de lithium, notamment les complications techniques, biologiques et esthétiques.
Maroulakos G. et al. – Effect of cement type on the clinical performance and complications of zirconia and lithium disilicate tooth-supported crowns: A systematic review
Revue systématique portant sur 17 études cliniques et 2 436 couronnes en zircone ou disilicate de lithium, analysant leur survie ainsi que leurs principales complications.
Pieger S. et al. – Clinical outcomes of lithium disilicate single crowns and partial fixed dental prostheses: A systematic review
Revue systématique publiée dans The Journal of Prosthetic Dentistry évaluant la survie clinique des couronnes unitaires et restaurations fixes en disilicate de lithium à court et moyen terme.
Benalcazar Jalkh E.B. et al. – Ultrathin lithium disilicate and translucent zirconia crowns for posterior teeth: Survival and failure modes
Étude publiée dans le Journal of Esthetic and Restorative Dentistry comparant directement le comportement et les modes de défaillance de couronnes en disilicate de lithium et de deux types de zircone translucide.







