Un traitement dentaire important peut s’étendre sur plusieurs mois et nécessiter différentes étapes : extractions, greffe osseuse, pose d’implants, période de cicatrisation, prothèse provisoire puis réalisation des dents définitives. Entre le début et la fin du traitement, il arrive qu’un patient souhaite ou soit obligé de changer de dentiste ou de clinique.
La situation est particulièrement fréquente en implantologie. Certains patients ont fait extraire leurs dents par leur dentiste habituel avant de consulter un implantologue. D’autres possèdent déjà plusieurs implants et souhaitent faire réaliser leur nouvelle prothèse dans une autre clinique. Certains ont commencé leurs soins à l’étranger mais ne peuvent ou ne veulent plus retourner dans l’établissement initial.
Reprendre un traitement dentaire commencé par un autre praticien est souvent possible, mais cela ne consiste pas simplement à poursuivre le plan de traitement là où il s’est arrêté. Le nouveau chirurgien-dentiste doit d’abord comprendre ce qui a été réalisé, vérifier la situation actuelle et déterminer si les soins précédents sont compatibles avec le projet qu’il envisage.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de recommencer le traitement. Il est de déterminer ce qui peut être conservé, ce qui doit être adapté et, dans certaines situations, ce qui doit être repris.
Pourquoi certains patients doivent-ils changer de praticien en cours de traitement ?
Les raisons d’un changement de praticien sont nombreuses et ne sont pas nécessairement liées à un problème avec le premier dentiste.
Un patient peut déménager, rencontrer des difficultés pour retourner dans une clinique située à l’étranger ou simplement avoir interrompu son traitement pendant plusieurs mois. Une clinique peut également fermer ou un praticien cesser son activité. Dans d’autres situations, le patient souhaite obtenir un nouvel avis avant de poursuivre des soins importants.
Le changement peut aussi être prévu dès le départ. Une personne peut par exemple faire réaliser certaines extractions en France puis envisager la pose de ses implants dans une clinique étrangère. Ce type d’organisation est possible, mais il est préférable que les différentes étapes soient pensées comme les éléments d’un même projet thérapeutique.
La difficulté augmente lorsque plusieurs actes ont déjà été réalisés. Reprendre une simple couronne provisoire n’a rien de comparable avec la reprise d’une réhabilitation comprenant plusieurs extractions, une greffe et six implants déjà posés.
Lorsqu’il s’agit de soins dentaires à l’étranger, la transmission des informations devient donc particulièrement importante. Le nouveau praticien doit savoir précisément ce qui a été réalisé avant de décider de la suite.
Un nouveau dentiste est-il obligé de reprendre un traitement commencé ailleurs ?
Un patient peut demander à un autre chirurgien-dentiste d’examiner son dossier, mais cela ne signifie pas que ce praticien acceptera automatiquement de poursuivre le traitement tel qu’il avait été prévu.
Cette prudence est particulièrement compréhensible en implantologie. En acceptant de poursuivre les soins, le nouveau praticien doit pouvoir établir son propre diagnostic et proposer une solution qu’il estime médicalement et techniquement réalisable.
Il peut donc considérer qu’il lui manque certaines informations ou que les soins déjà réalisés ne lui permettent pas de poursuivre le protocole envisagé initialement.
Le problème peut être relativement simple : absence d’une radiographie récente ou d’un compte rendu opératoire. Il peut aussi être beaucoup plus technique, notamment lorsque des implants ont été posés sans que le patient connaisse leur fabricant ou leurs références.
Un refus de reprendre immédiatement le traitement ne signifie donc pas nécessairement que les soins précédents ont été mal réalisés. Le nouveau praticien peut simplement considérer qu’il ne dispose pas encore des éléments nécessaires pour s’engager sur la suite.
Pourquoi le nouveau praticien doit-il refaire son propre diagnostic ?
Un plan de traitement établi quelques mois auparavant décrit une situation à un moment donné. Entre-temps, des dents peuvent avoir été extraites, l’os peut avoir évolué, une greffe peut avoir cicatrisé et des implants peuvent avoir été posés.
Le nouveau praticien doit donc partir de la situation qu’il observe aujourd’hui, et non uniquement du projet établi initialement.
L’examen clinique permet notamment d’évaluer les dents restantes, les gencives, l’occlusion et les restaurations déjà présentes. Une radiographie panoramique peut compléter cette première analyse et, lorsqu’une évaluation tridimensionnelle est nécessaire, un CBCT peut être demandé.
Lorsqu’il existe déjà des implants, le praticien doit également vérifier leur situation. Un implant présent dans la bouche n’est pas automatiquement utilisable dans le nouveau projet simplement parce qu’il paraît stable.
Son axe, sa profondeur, sa position par rapport aux futures dents, l’état des tissus qui l’entourent et les possibilités de connexion avec la future prothèse doivent être étudiés.
C’est notamment pour cette raison qu’un ancien devis ou un ancien plan de traitement ne peut pas être considéré comme une instruction que le nouveau praticien devrait simplement exécuter.
Des extractions déjà réalisées peuvent-elles compliquer la pose des implants ?
C’est une situation importante lorsqu’un patient envisage de faire réaliser les extractions chez un praticien puis les implants chez un autre.
Une extraction dentaire ne consiste pas uniquement à retirer une dent. Lorsqu’un implant est prévu ultérieurement à cet emplacement, le chirurgien doit également réfléchir à l’évolution du volume osseux après l’extraction et aux besoins du futur traitement implantaire.
Après la perte d’une dent, l’alvéole qui contenait sa racine se remodèle progressivement. Une diminution du volume osseux peut se produire pendant la cicatrisation. Son importance varie selon le site, l’anatomie initiale, l’état de la dent, la technique d’extraction et les caractéristiques du patient.
Dans certaines situations, une préservation alvéolaire ou une autre procédure osseuse peut être envisagée au moment de l’extraction. Dans d’autres, elle n’est pas nécessaire. Cette décision dépend du projet thérapeutique global.
C’est pourquoi il est préférable, lorsque cela est possible, que l’implantologue puisse connaître la situation avant les extractions.
Si les dents ont déjà été retirées sans qu’un projet implantaire ait été défini, cela ne signifie pas que les implants seront impossibles. Le nouvel implantologue devra simplement évaluer le volume osseux restant et déterminer si une greffe osseuse ou une autre technique complémentaire est nécessaire.
Il faut également éviter de conclure trop rapidement que le premier praticien a commis une erreur. Un chirurgien-dentiste chargé uniquement de traiter une dent infectée ou non conservable peut avoir réalisé correctement son intervention sans avoir été chargé de planifier la future reconstruction implantaire.
Le problème vient alors davantage de l’absence de coordination entre les différentes étapes que de l’acte d’extraction lui-même.
Peut-on reprendre une greffe osseuse réalisée par un autre chirurgien ?
Oui, une greffe osseuse réalisée par un premier chirurgien peut parfaitement être utilisée dans la suite du traitement, à condition que le nouvel implantologue estime que le résultat obtenu permet la pose des implants envisagés.
Il doit notamment connaître, lorsque l’information est disponible, la date de l’intervention, la zone greffée, la technique employée et les éventuels matériaux utilisés.
Le délai écoulé depuis la greffe est également important. Une augmentation osseuse nécessite une période de cicatrisation avant que son résultat puisse être évalué et avant que certains implants puissent être posés.
Le nouveau praticien peut demander une nouvelle imagerie afin d’évaluer le volume disponible. Il décidera ensuite s’il peut poursuivre le traitement tel quel, s’il doit modifier la position ou les dimensions des implants envisagés ou si une intervention complémentaire est nécessaire.
Là encore, la reprise du dossier ne signifie donc pas nécessairement recommencer la greffe.
Peut-on reprendre des implants déjà posés dans une autre clinique ?
C’est l’une des situations les plus fréquentes lorsqu’un patient change de clinique après avoir commencé une réhabilitation implantaire.
La première question n’est pas simplement de savoir si les implants sont présents. Il faut déterminer dans quel état ils se trouvent et s’ils peuvent être intégrés au nouveau projet prothétique.
Un implant peut avoir correctement cicatrisé et être parfaitement exploitable. Dans ce cas, le nouveau praticien pourra envisager de le conserver et de construire la suite du traitement autour de lui.
Dans d’autres situations, l’implant peut être stable mais sa position compliquer la réalisation de la future prothèse. Un implant dentaire mal positionné peut imposer des compromis prothétiques et parfois nécessiter une stratégie différente de celle prévue initialement.
Enfin, certains implants peuvent présenter une complication biologique ou mécanique nécessitant une prise en charge spécifique avant toute nouvelle reconstruction.
Il faut donc éviter deux raisonnements opposés : considérer qu’un nouveau praticien devra obligatoirement retirer tous les implants posés ailleurs, ou penser qu’il sera forcément capable de les utiliser simplement parce qu’ils sont déjà présents.
Chaque implant doit être évalué individuellement avant d’être intégré au nouveau plan de traitement.
Pourquoi faut-il connaître la marque et les références des implants ?
Contrairement à ce que certains patients imaginent, tous les implants dentaires ne sont pas identiques.
Il existe de nombreux fabricants, gammes, diamètres et systèmes de connexion. La partie de l’implant enfouie dans l’os doit ensuite recevoir des composants prothétiques compatibles permettant de réaliser la couronne, le bridge ou la prothèse complète.
C’est pourquoi connaître uniquement le matériau de l’implant ne suffit pas.
Dire au nouveau praticien « j’ai six implants en titane » lui apporte très peu d’informations pour réaliser la future prothèse. Il doit idéalement pouvoir identifier le fabricant, la gamme et les caractéristiques nécessaires pour sélectionner les composants compatibles.
Le passeport implantaire et le compte rendu de la chirurgie prennent alors toute leur importance.
Lorsqu’un traitement est réalisé à l’étranger, le patient devrait conserver ces documents indépendamment du fait qu’il envisage ou non de changer de clinique. Plusieurs années après la pose, ils peuvent être utiles si une pièce prothétique doit être remplacée ou si un autre dentiste doit intervenir.
L’absence de références ne rend pas systématiquement la reprise impossible. Certains systèmes peuvent être identifiés à partir des documents disponibles, de l’imagerie ou des caractéristiques des composants. Mais cette recherche peut rendre le traitement plus complexe.
Un implant bien ostéointégré peut-il malgré tout être difficile à reprendre ?
Oui. C’est une distinction essentielle.
L’ostéointégration décrit l’intégration biologique de l’implant dans l’os. Elle constitue une condition fondamentale pour la réussite du traitement, mais elle ne répond pas à toutes les questions prothétiques.
Un implant peut être correctement intégré à l’os tout en étant placé dans une position qui rend la future restauration plus difficile à réaliser.
Son inclinaison peut compliquer l’axe d’une couronne. Sa profondeur peut influencer le profil d’émergence. Sa position par rapport aux autres implants peut également affecter la conception d’un bridge ou d’une prothèse complète.
C’est ici que la différence entre stabilité primaire de l’implant et ostéointégration devient importante. La stabilité primaire concerne principalement l’ancrage mécanique obtenu lors de la pose. L’ostéointégration se développe ensuite pendant la cicatrisation. La possibilité de réaliser une bonne restauration dépend, elle, de l’ensemble du projet chirurgical et prothétique.
Le nouveau praticien ne regarde donc pas seulement si « l’implant a pris ». Il doit déterminer si cet implant peut réellement participer à une reconstruction fonctionnelle, nettoyable et durable.
Le nouveau praticien peut-il conserver les implants et refaire uniquement la prothèse ?
Dans certaines situations, oui.
Si les implants sont correctement intégrés, bien positionnés, en bon état et compatibles avec les composants disponibles, il peut être possible de conserver la partie implantaire du traitement et de reprendre uniquement la partie prothétique.
Cette possibilité est particulièrement intéressante pour un patient qui possède déjà plusieurs implants mais dont la prothèse provisoire ou définitive doit être remplacée.
Le praticien devra toutefois contrôler l’ensemble de la reconstruction. Il ne s’agit pas simplement de reproduire les anciennes dents. Il doit vérifier la position des implants, les connexions, l’espace disponible, l’occlusion et la façon dont les forces seront réparties.
Dans le cas d’une réhabilitation complète, la conception d’une nouvelle prothèse peut donc nécessiter plusieurs étapes d’empreinte, d’essayage et de validation.
Lorsqu’une prothèse provisoire en PMMA dentaire est encore en place, elle peut également apporter des informations intéressantes sur l’esthétique, la phonétique et l’occlusion obtenues pendant la première phase du traitement.
La décision finale reste donc très individualisée : conserver les implants existants peut être une excellente solution lorsque les conditions sont réunies, mais leur présence ne suffit pas à garantir que le nouveau praticien pourra simplement poursuivre le traitement sans adaptation.
Dans quels cas faut-il déposer un implant déjà posé ?
Changer de praticien ne signifie pas retirer automatiquement les implants déjà en place. Lorsque ceux-ci sont correctement ostéointégrés, bien positionnés et utilisables pour la future prothèse, leur conservation peut au contraire éviter une nouvelle chirurgie.
La dépose peut néanmoins être envisagée lorsque l’implant présente une complication qui empêche raisonnablement son utilisation.
C’est notamment le cas lorsqu’un implant n’a pas obtenu l’ostéointégration attendue et reste mobile. Une infection persistante autour de l’implant, une perte osseuse importante ou certains problèmes mécaniques peuvent également remettre en question sa conservation.
La situation est plus délicate lorsqu’un implant est correctement intégré à l’os mais que sa position compromet la future restauration. Le praticien doit alors mettre en balance les difficultés liées à sa conservation et celles qu’entraînerait sa dépose.
Retirer un implant ostéointégré n’est en effet pas un acte anodin. Selon sa position et la quantité d’os qui l’entoure, sa dépose peut provoquer une perte osseuse supplémentaire et nécessiter une reconstruction avant la pose éventuelle d’un nouvel implant.
Il n’existe donc pas de règle selon laquelle un nouveau praticien devrait systématiquement retirer le travail réalisé par son prédécesseur. L’objectif est plutôt de conserver ce qui est sain et exploitable lorsque cela permet d’obtenir un résultat satisfaisant.
Peut-on poursuivre un All-on-4 ou un All-on-6 commencé dans une autre clinique ?
La question devient particulièrement importante lorsqu’un patient a déjà commencé une réhabilitation complète sur implants.
Il peut par exemple avoir réalisé un premier séjour comprenant les extractions, la pose de quatre ou six implants et l’installation d’une prothèse provisoire. Après quelques mois de cicatrisation, il souhaite pourtant confier la réalisation de la prothèse définitive à une autre clinique.
Cette reprise est parfois possible, mais elle demande une analyse beaucoup plus approfondie que la simple fabrication d’un nouveau bridge.
Le nouveau praticien doit contrôler l’ostéointégration des implants, leur répartition, leur inclinaison, les tissus qui les entourent et les composants prothétiques utilisés. Il doit également déterminer si leur position correspond à la conception de la prothèse qu’il souhaite réaliser.
La façon dont les implants ont été sollicités pendant la période de cicatrisation peut également être prise en compte. Lorsqu’une mise en charge immédiate des implants a été réalisée, le praticien doit comprendre le protocole initial et évaluer la situation actuelle avant de remplacer la restauration provisoire.
Une réhabilitation complète constitue un ensemble. La chirurgie et la prothèse ne sont pas deux traitements totalement indépendants. La position des implants est normalement planifiée en fonction des futures dents et la future prothèse est conçue en fonction de l’implantation réalisée.
C’est pourquoi changer de clinique entre ces deux étapes est envisageable dans certains cas, mais nécessite que le second praticien accepte de reprendre la responsabilité de la suite du traitement.
Peut-on changer de clinique entre le provisoire et la prothèse définitive ?
Pour le patient, cette étape peut sembler relativement simple : les implants sont déjà posés et il ne resterait plus qu’à fabriquer les dents définitives.
En réalité, la prothèse provisoire fait partie intégrante du traitement.
Elle permet notamment d’observer la façon dont le patient s’adapte à sa nouvelle dentition, d’évaluer l’esthétique, la phonétique et l’occlusion et de vérifier le comportement de la restauration pendant la cicatrisation.
Le nouveau praticien doit donc comprendre comment cette prothèse a été conçue et comment elle est connectée aux implants.
Il peut décider de conserver certaines informations provenant du provisoire ou, au contraire, de reprendre entièrement la conception prothétique.
Cette situation explique pourquoi deux cliniques peuvent proposer des solutions différentes alors qu’elles travaillent à partir des mêmes implants. Chacune peut avoir sa propre approche concernant la forme des dents, l’occlusion, les matériaux ou certaines étapes de fabrication.
Le patient ne doit donc pas considérer la seconde partie du traitement comme une prestation standardisée pouvant être transférée automatiquement d’un établissement à un autre.
Que faire lorsqu’on ne connaît pas la marque des implants déjà posés ?
C’est une difficulté fréquente chez les patients ayant reçu leurs implants plusieurs années auparavant ou ayant perdu les documents remis par la clinique.
La première démarche consiste à rechercher toutes les informations disponibles : ancien devis, facture, compte rendu opératoire, passeport implantaire, courriers médicaux ou documents fournis après l’intervention.
Lorsque la clinique existe toujours, il peut être utile de lui demander directement les références.
Ces informations sont particulièrement importantes parce que la partie visible de la future restauration doit être connectée à l’implant présent dans l’os. Le praticien doit disposer de composants compatibles avec le système utilisé.
Lorsque les références sont inconnues, l’imagerie et l’examen des composants existants peuvent parfois aider à identifier le système. Mais cette identification n’est pas toujours simple, notamment lorsqu’il s’agit d’implants anciens ou peu diffusés.
Cette situation illustre l’intérêt de conserver durablement les informations relatives à ses implants, même plusieurs années après la fin du traitement.
Quels documents faut-il récupérer avant de changer de dentiste ou de clinique ?
Lorsqu’un changement de praticien est envisagé, il est préférable de récupérer le maximum d’informations avant de commencer la nouvelle prise en charge.
Les documents les plus utiles peuvent comprendre :
- les radiographies et examens d’imagerie disponibles ;
- le plan de traitement et les comptes rendus des interventions déjà réalisées ;
- les références des implants et, lorsqu’elles sont disponibles, les informations concernant les greffes ou les composants prothétiques.
Les factures et anciens devis peuvent également permettre au nouveau praticien de mieux comprendre la chronologie des soins.
L’objectif n’est pas d’obliger le second dentiste à reproduire le plan du premier. Ces documents lui permettent surtout de savoir précisément ce qui a été réalisé et dans quelles conditions.
Cette transmission devient encore plus importante lorsque plusieurs pays ou plusieurs établissements interviennent successivement dans le traitement.
Faut-il forcément recommencer tout le traitement ?
Non. C’est probablement l’une des principales inquiétudes des patients qui souhaitent changer de clinique après avoir déjà investi du temps et de l’argent dans leurs soins.
La reprise d’un traitement ne signifie pas automatiquement repartir de zéro.
Un patient peut par exemple posséder six implants dont cinq sont parfaitement utilisables et dont un seul pose problème. Dans une autre situation, tous les implants peuvent être conservés alors que la prothèse doit être entièrement refaite. Chez un autre patient encore, une greffe déjà réalisée peut permettre de poursuivre directement la phase implantaire.
Le nouveau praticien doit donc raisonner élément par élément.
Il cherche à distinguer ce qui est biologiquement sain, techniquement exploitable et compatible avec son projet de ce qui nécessite une modification.
Cette approche permet également d’éviter une confusion fréquente entre un traitement différent et la correction d’une erreur. Deux implantologues peuvent proposer des solutions différentes sans que l’une soit nécessairement mauvaise. Les choix peuvent varier selon l’anatomie, les techniques employées, le type de prothèse envisagé et l’expérience de chaque équipe.
Comment éviter les problèmes lorsqu’un traitement est partagé entre plusieurs praticiens ?
La meilleure situation est celle dans laquelle le partage du traitement est prévu avant le premier acte.
Si un patient sait qu’il souhaite faire réaliser ses extractions près de son domicile puis ses implants dans une autre clinique, il est préférable que le futur implantologue puisse étudier le dossier avant les extractions.
Il pourra ainsi déterminer si certaines dents doivent être conservées temporairement, si une préservation osseuse est souhaitable ou si une autre stratégie doit être envisagée.
Dans certains cas, la pose d’un implant immédiatement après extraction peut également faire partie du projet. Faire extraire la dent plusieurs semaines auparavant sans concertation rend évidemment ce protocole impossible et modifie les conditions anatomiques que rencontrera ensuite l’implantologue.
La même logique s’applique aux greffes, aux implants et aux prothèses.
Plus le traitement est complexe, plus il est utile de savoir dès le départ qui réalise chaque étape et comment les informations seront transmises.
Cette coordination est particulièrement importante pour les réhabilitations complètes, dans lesquelles la position des implants, le provisoire et la prothèse définitive font partie d’un seul projet.
Faire reprendre en France un traitement commencé à l’étranger : est-ce différent ?
Sur le plan médical, le principe reste le même : le nouveau praticien doit examiner le patient et établir son propre diagnostic.
La difficulté supplémentaire vient principalement de la continuité des informations et de la distance avec la clinique qui a commencé les soins.
Si une complication survient quelques jours après le retour, la question peut être relativement simple lorsque la clinique initiale reste facilement joignable et transmet rapidement les informations nécessaires. Elle devient plus complexe lorsque le patient ne possède aucun compte rendu, ignore la marque de ses implants et ne parvient plus à contacter l’établissement.
C’est pourquoi l’organisation du suivi des soins dentaires à l’étranger doit être envisagée avant le départ et pas seulement lorsqu’un problème apparaît.
Un dentiste français peut accepter d’examiner un patient ayant été traité à l’étranger. Cela ne signifie toutefois pas qu’il devra nécessairement reprendre ou garantir le travail d’une autre équipe.
Dans certaines situations, la solution la plus simple reste de retourner dans la clinique qui a commencé le traitement. Dans d’autres, notamment lorsque ce retour est impossible ou que la relation avec l’établissement est rompue, une nouvelle équipe devra évaluer les possibilités de reprise.
Faire reprendre à l’étranger un traitement commencé en France
La situation inverse existe également.
Un patient peut avoir commencé ses soins en France puis envisager de poursuivre son traitement dans une clinique étrangère, notamment lorsqu’une réhabilitation importante devient financièrement difficile à réaliser.
Il peut arriver avec des extractions déjà réalisées, une greffe cicatrisée, quelques implants déjà présents ou une ancienne prothèse qu’il souhaite remplacer.
Là encore, le nouveau praticien ne devrait pas simplement recevoir une liste de soins à exécuter.
Il doit pouvoir analyser l’état actuel de la bouche et construire son propre projet.
Pour un patient envisageant de refaire ses dents à l’étranger, il est donc particulièrement utile d’envoyer dès le premier contact les examens radiologiques disponibles ainsi que les informations concernant les soins déjà effectués.
Cela permet à la clinique d’identifier rapidement les éléments qui nécessiteront une vérification supplémentaire lors de la consultation sur place.
Le plan définitif reste néanmoins dépendant de l’examen clinique et des investigations jugées nécessaires par l’équipe qui prendra en charge le patient.
Combien coûte la reprise d’un traitement dentaire commencé ailleurs ?
Il est impossible d’associer un prix unique à une reprise de traitement, car cette expression peut recouvrir des situations extrêmement différentes.
Conserver plusieurs implants parfaitement fonctionnels et fabriquer une nouvelle prothèse ne représente pas le même traitement que retirer des implants non exploitables, reconstruire une partie du volume osseux puis réaliser une nouvelle réhabilitation.
Le coût dépend donc d’abord de ce qui peut être conservé.
C’est aussi la raison pour laquelle un nouveau devis ne doit pas être interprété uniquement en le comparant ligne par ligne avec l’ancien. Le second praticien peut proposer une stratégie différente parce qu’il intervient à un autre moment du traitement et sur une situation anatomique qui a évolué.
Avant de chiffrer précisément une reprise complexe, une clinique peut avoir besoin d’une radiographie panoramique récente, de photographies, des références des implants déjà posés et des comptes rendus disponibles.
Dans certains cas, l’examen sur place et une imagerie complémentaire restent indispensables avant de confirmer définitivement le traitement.
FAQ
Peut-on changer de dentiste pendant un traitement implantaire ?
Oui. Un patient peut consulter un autre praticien pendant son traitement. Le nouveau dentiste devra toutefois établir son propre diagnostic avant de décider s’il accepte de poursuivre les soins et dans quelles conditions. Plus le traitement est avancé, plus les informations concernant les interventions déjà réalisées deviennent importantes.
Un dentiste peut-il refuser de reprendre des implants posés ailleurs ?
Un praticien peut considérer qu’il ne dispose pas des conditions nécessaires pour reprendre un traitement. Cela peut notamment arriver lorsque le système implantaire n’est pas identifié, lorsque la position des implants ne correspond pas au projet qu’il estime réalisable ou lorsqu’une complication nécessite une prise en charge particulière.
Peut-on mettre une couronne sur un implant posé par un autre dentiste ?
C’est possible lorsque l’implant est en bon état, correctement positionné et que le praticien peut disposer des composants compatibles avec le système implantaire utilisé. Une évaluation préalable reste nécessaire.
Comment connaître la marque d’un implant dentaire ?
Le passeport implantaire, le compte rendu opératoire, la facture ou le dossier de la clinique peuvent contenir cette information. Si ces documents ne sont plus disponibles, le praticien peut parfois tenter d’identifier le système à partir de l’imagerie et des composants présents, sans que cela soit toujours possible avec certitude.
Peut-on refaire uniquement la prothèse sur des implants existants ?
Oui, dans certaines situations. Lorsque les implants sont correctement ostéointégrés, exploitables et compatibles avec le nouveau projet, ils peuvent être conservés tandis que la partie prothétique est refaite.
Des extractions déjà réalisées peuvent-elles compliquer la pose des implants ?
Elles peuvent modifier les conditions dans lesquelles les implants seront posés, notamment en raison du remodelage de l’os après l’extraction. Cela ne signifie pas nécessairement que la pose d’implants devient impossible. L’implantologue doit évaluer le volume osseux disponible et déterminer si une procédure complémentaire est nécessaire.
Faut-il retirer ses implants lorsqu’on change de clinique ?
Non. Le changement de clinique ne constitue pas en lui-même une indication de dépose. Les implants existants sont évalués individuellement afin de déterminer s’ils peuvent être conservés et intégrés au nouveau projet.
Peut-on terminer en France des soins dentaires commencés à l’étranger ?
Cela peut être possible si un praticien accepte la reprise et considère qu’il dispose des informations et des conditions nécessaires. Il établira toutefois son propre diagnostic et reste libre de proposer un traitement différent de celui initialement prévu.
Sources
The Journal of Prosthetic Dentistry – Advancements in artificial intelligence algorithms for dental implant identification
Revue systématique consacrée à l’identification des systèmes implantaires à partir des radiographies, particulièrement pertinente lorsqu’un patient change de praticien sans disposer des références de ses implants.
Diagnostics – Accuracy of Artificial Intelligence Models in Dental Implant Fixture Identification and Classification from Radiographs
Revue systématique étudiant l’identification et la classification des implants dentaires lorsque les informations concernant le système implantaire sont absentes ou perdues.
Clinical Implant Dentistry and Related Research – Implant prosthodontic design as a predisposing or precipitating factor for peri-implant disease
Travail consacré aux relations entre conception prothétique, position des implants et santé péri-implantaire, des éléments importants lorsqu’un nouveau praticien doit déterminer si des implants existants peuvent être intégrés à un nouveau projet.
Imaging Science in Dentistry – Classification of dental implants using supervised deep learning from dental radiographs
Travail consacré à l’identification des systèmes implantaires à partir de radiographies, problématique rencontrée lorsqu’un patient ne dispose plus des références des implants déjà posés.







