Stabilité primaire d’un implant dentaire : pourquoi est-elle importante ?

Table des matières

Lorsqu’un implant dentaire est posé, sa réussite ne dépend pas uniquement de sa capacité à s’intégrer dans l’os au cours des mois suivants. Dès l’intervention, le chirurgien cherche à obtenir une fixation suffisamment solide de l’implant dans l’os. C’est ce que l’on appelle la stabilité primaire de l’implant dentaire.

Cette stabilité joue un rôle important dans les premières étapes du traitement. Elle permet notamment au praticien de déterminer les conditions dans lesquelles l’implant pourra cicatriser et, dans certaines situations, d’évaluer si une restauration provisoire peut être mise en place rapidement.

Pour mesurer cette stabilité, l’implantologue peut s’appuyer sur différentes informations recueillies pendant ou après la pose de l’implant. Deux notions reviennent fréquemment : le couple d’insertion exprimé en Ncm et l’ISQ. Ces valeurs sont utiles, mais elles ne doivent pas être considérées comme des seuils universels permettant, à elles seules, de prédire la réussite d’un implant.

Comprendre la stabilité primaire permet donc de mieux saisir pourquoi deux patients recevant apparemment le même implant peuvent bénéficier de protocoles différents.

Qu’est-ce que la stabilité primaire d’un implant dentaire ?

implant dentaire avant

La stabilité primaire correspond à la stabilité mécanique de l’implant immédiatement après son insertion dans l’os. À ce moment-là, l’implant n’est pas encore biologiquement intégré. Il est maintenu essentiellement grâce au contact mécanique entre sa surface, ses spires et l’os environnant.

On peut comparer ce principe, avec certaines limites, à celui d’une vis placée dans un matériau solide : sa fixation initiale dépend notamment de la résistance du matériau dans lequel elle est insérée et de la manière dont elle s’y engage.

Dans le cas d’un implant dentaire, la situation est évidemment plus complexe puisque l’os est un tissu vivant. La densité osseuse, le volume disponible, la forme de l’implant, son diamètre, sa longueur et la préparation du site implantaire peuvent notamment influencer cette fixation initiale.

Cette stabilité doit être distinguée de l’ostéointégration. Juste après l’intervention, le maintien de l’implant est principalement mécanique. Au cours de la cicatrisation, l’organisme va progressivement former et remodeler de l’os au contact de la surface implantaire.

La stabilité de l’implant évolue donc avec le temps. La stabilité primaire obtenue lors de la chirurgie laisse progressivement place à une stabilité biologique, parfois appelée stabilité secondaire.

Pourquoi un implant doit-il être stable dès sa pose ?

Après la pose, l’implant doit rester dans des conditions favorables à la cicatrisation. Une certaine stabilité initiale permet notamment de limiter les mouvements excessifs de l’implant dans son site osseux pendant cette période.

Il ne faut toutefois pas imaginer qu’un implant doit être totalement dépourvu de contraintes. La question importante est plutôt de savoir si les conditions mécaniques sont compatibles avec une cicatrisation satisfaisante.

Des micromouvements excessifs peuvent perturber l’établissement d’un contact os-implant favorable. C’est notamment pour cette raison que le chirurgien évalue la stabilité obtenue avant de décider du protocole prothétique qui suivra.

Cette question devient particulièrement importante lorsqu’une restauration doit être installée rapidement. Dans un protocole conventionnel, l’implant peut bénéficier d’une période de cicatrisation avant d’être utilisé pour supporter une prothèse définitive. Dans certaines situations, il est au contraire possible d’envisager une mise en charge immédiate des implants.

La décision ne dépend cependant jamais uniquement de la sensation que l’implant paraît « bien fixé ». Le praticien prend en compte la stabilité obtenue, mais également le nombre et la position des implants, la qualité de l’os, le type de restauration envisagé, les forces auxquelles elle sera soumise et la situation clinique globale du patient.

De quoi dépend la stabilité primaire d’un implant ?

Tous les implants ne présentent pas exactement la même stabilité au moment de leur pose. Deux implants de dimensions identiques peuvent même présenter des comportements différents lorsqu’ils sont placés chez deux patients ou dans deux régions différentes de la bouche.

La qualité de l’os constitue l’un des éléments importants. Un os présentant une structure dense n’offre pas les mêmes conditions mécaniques qu’un os plus peu dense. L’implantologue adapte donc sa technique à la situation rencontrée.

Le volume osseux disponible intervient également. Pour obtenir un ancrage satisfaisant, le praticien doit disposer d’un environnement anatomique compatible avec l’implant choisi tout en respectant les structures voisines.

La géométrie de l’implant peut aussi avoir une influence. Son diamètre, sa longueur, la forme de son corps et la conception de ses spires modifient son interaction avec l’os lors de l’insertion.

Enfin, la technique chirurgicale joue un rôle essentiel. La préparation du site implantaire est adaptée à l’anatomie et à la qualité de l’os. Le chirurgien ne cherche pas simplement à obtenir la valeur d’insertion la plus élevée possible : une compression excessive de l’os n’est pas l’objectif.

La stabilité primaire résulte donc d’un équilibre entre l’anatomie du patient, les caractéristiques de l’implant et la stratégie chirurgicale.

Comment le chirurgien mesure-t-il la stabilité d’un implant ?

stabilité primaire,implant dentaire

L’implantologue dispose de plusieurs moyens pour apprécier la stabilité d’un implant. Certaines informations sont obtenues directement pendant la chirurgie, tandis que d’autres peuvent être recueillies au cours du suivi.

Lors de l’insertion de l’implant, le praticien peut notamment observer la résistance rencontrée pendant son vissage. Les systèmes d’implantologie permettent de mesurer le couple d’insertion, généralement exprimé en Newton-centimètres ou Ncm.

Une autre méthode consiste à analyser la réponse de l’implant à de très faibles vibrations. Cette technique, appelée analyse de fréquence de résonance, permet d’obtenir une valeur appelée ISQ.

Ces deux mesures n’évaluent pas exactement la même chose. Elles peuvent donc apporter des informations complémentaires.

Le chirurgien les interprète avec l’ensemble des éléments cliniques dont il dispose. Il serait ainsi trompeur de considérer qu’un implant présentant une valeur précise est automatiquement stable, alors qu’un implant situé juste en dessous d’un seuil serait nécessairement instable.

L’interprétation dépend du contexte et surtout du protocole envisagé.

Que signifie le couple d’insertion exprimé en Ncm ?

Le couple d’insertion correspond à la résistance rencontrée lors du vissage de l’implant dans son site osseux. Il est exprimé en Newton-centimètres (Ncm).

Plus la résistance rencontrée lors de l’insertion est importante, plus la valeur mesurée peut être élevée. Cette mesure fournit donc au chirurgien une indication sur le comportement mécanique de l’implant au moment de sa pose.

On retrouve parfois sur Internet des valeurs présentées comme des objectifs absolus : 30 Ncm, 35 Ncm, 40 Ncm ou davantage. Cette manière d’interpréter le couple d’insertion est trop simpliste.

La valeur recherchée dépend notamment du système implantaire, de la qualité osseuse, du site traité et du protocole prévu. Une valeur relativement élevée peut être recherchée dans certaines situations, notamment lorsqu’une restauration immédiate est envisagée, mais elle ne garantit pas à elle seule l’ostéointégration future.

À l’inverse, obtenir une valeur inférieure à un chiffre donné ne signifie pas nécessairement que l’implant va échouer. Le chirurgien peut simplement décider de modifier le protocole et de laisser l’implant cicatriser sans mise en charge immédiate.

Chercher à obtenir à tout prix un couple d’insertion très élevé n’est d’ailleurs pas un objectif en soi. L’implantologue doit préserver les conditions biologiques nécessaires à la cicatrisation de l’os.

Qu’est-ce que l’ISQ pour un implant dentaire ?

L’ISQ, pour Implant Stability Quotient, est un indicateur utilisé pour évaluer la stabilité d’un implant à partir d’une analyse de fréquence de résonance.

Contrairement au couple d’insertion, cette mesure ne correspond pas à la force utilisée pour visser l’implant. Un petit élément spécifique est temporairement fixé sur l’implant, puis un appareil mesure sa réponse à une stimulation de très faible intensité.

Le résultat est exprimé sous forme d’une valeur ISQ.

L’un des intérêts de cette méthode est qu’elle peut être utilisée à différents moments du traitement. Le praticien peut ainsi disposer d’un élément supplémentaire pour suivre l’évolution de la stabilité de l’implant au cours de la cicatrisation.

Il faut néanmoins, là encore, éviter d’interpréter une valeur ISQ isolément. Elle doit être replacée dans le contexte clinique, le type d’implant, sa localisation et le protocole envisagé.

Le Ncm et l’ISQ sont donc deux informations différentes : le Ncm renseigne sur le comportement de l’implant pendant son insertion, tandis que l’ISQ permet d’apprécier sa stabilité par une mesure de fréquence de résonance.

Existe-t-il une valeur idéale de Ncm ou d’ISQ ?

C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes lorsqu’un patient commence à se renseigner sur la stabilité des implants.

Il n’existe pas une valeur unique permettant d’affirmer qu’un implant est « bon » ou « mauvais ». Les valeurs de Ncm et d’ISQ sont des outils utilisés par le praticien pour compléter son évaluation clinique.

Certaines plages de valeurs sont utilisées dans les études et dans différents protocoles implantaires, notamment lorsqu’une mise en charge immédiate est envisagée. Elles ne doivent cependant pas être transformées en règle universelle.

Deux patients peuvent présenter des valeurs différentes et bénéficier tous les deux d’une évolution favorable. À l’inverse, une valeur élevée au moment de la chirurgie ne permet pas de garantir à elle seule la réussite du traitement.

L’objectif n’est donc pas pour le patient d’obtenir « le plus de Ncm possible » ou un ISQ particulièrement élevé. L’objectif est que le chirurgien obtienne une stabilité compatible avec le protocole prévu tout en préservant les conditions nécessaires à la cicatrisation.

Stabilité primaire et ostéointégration : quelle différence ?

stabilité primaire,implant dentaire

Ces deux notions sont souvent confondues alors qu’elles correspondent à deux étapes différentes.

La stabilité primaire est essentiellement mécanique. Elle existe dès la fin de la chirurgie grâce à l’ancrage de l’implant dans l’os.

L’ostéointégration est au contraire un processus biologique qui se déroule progressivement après l’intervention. L’os se remodèle autour de l’implant et établit progressivement une interface permettant à celui-ci de fonctionner durablement.

Pendant la cicatrisation, la situation n’est donc pas figée. La composante mécanique initiale évolue tandis que la stabilité biologique se développe.

C’est également la raison pour laquelle le temps de cicatrisation d’un implant dentaire ne peut pas être déterminé uniquement à partir du couple d’insertion mesuré le jour de l’intervention.

Cette distinction devient particulièrement importante lorsqu’il faut décider si une prothèse peut être installée rapidement ou si l’implant doit bénéficier d’une période de cicatrisation avant d’être sollicité.

Pourquoi la stabilité primaire est-elle importante pour une mise en charge immédiate ?

La mise en charge immédiate des implants consiste, selon le protocole utilisé, à mettre en place rapidement une restauration prothétique après la chirurgie implantaire, au lieu d’attendre toute la période d’ostéointégration avant la réalisation de la restauration.

La stabilité primaire constitue alors l’un des éléments évalués par le chirurgien.

Si les implants présentent une stabilité compatible avec le protocole prévu et que les autres conditions cliniques sont réunies, une restauration provisoire peut parfois être installée rapidement. Cette approche est notamment utilisée dans certaines réhabilitations complètes de type All-on-4 ou All-on-6.

Mais une valeur de Ncm ou d’ISQ ne suffit pas à décider, à elle seule, qu’une mise en charge immédiate est possible.

Le praticien doit également considérer la répartition des implants, leur nombre, la conception de la prothèse provisoire, l’occlusion, la qualité osseuse et les contraintes mécaniques auxquelles l’ensemble sera exposé.

La stabilité primaire est donc une condition importante du raisonnement clinique, et non un chiffre permettant automatiquement de donner le feu vert à une mise en charge immédiate.

Peut-on poser une dent provisoire immédiatement si l’implant est stable ?

Avant après réhabilitation dentaire complète sur implants avec solution fixe
Avant après réhabilitation dentaire complète sur implants avec solution fixe

 

Une bonne stabilité primaire peut permettre d’envisager la pose rapide d’une restauration provisoire, mais elle ne signifie pas automatiquement qu’une dent peut être fixée sur l’implant immédiatement après l’intervention.

Il faut en effet distinguer plusieurs situations. Dans certains cas, une restauration provisoire est principalement destinée à préserver l’esthétique sans exercer de contraintes importantes sur l’implant. Dans d’autres, notamment lors d’une réhabilitation complète, plusieurs implants peuvent supporter ensemble une prothèse provisoire réalisée dans le cadre d’un protocole de mise en charge immédiate.

La décision dépend donc de la stabilité obtenue, mais également de la position de l’implant, du nombre d’implants, du type de prothèse et des forces exercées lors de la mastication.

Dans les traitements de type All-on-4 ou All-on-6, la situation est encore différente de celle d’un implant unitaire. Les implants sont reliés entre eux par une prothèse provisoire, ce qui permet de répartir les contraintes. L’implantologue et le prothésiste doivent néanmoins concevoir cette restauration de manière à protéger les implants pendant la phase d’ostéointégration.

Une bonne stabilité primaire ouvre donc certaines possibilités thérapeutiques, mais le protocole reste déterminé au cas par cas.

Implant immédiatement après extraction : la stabilité est-elle plus difficile à obtenir ?

Il est parfois possible de poser un implant immédiatement après extraction de la dent, au cours de la même intervention. Ce protocole permet d’éviter une chirurgie supplémentaire dans certaines situations, mais il présente des particularités en matière de stabilité primaire.

Après l’extraction, l’alvéole laissée par la racine ne correspond généralement pas exactement aux dimensions de l’implant. Une partie de l’implant doit donc trouver un ancrage suffisamment solide dans l’os disponible.

Le chirurgien peut rechercher cet ancrage dans différentes zones en fonction de l’anatomie du site. L’objectif est d’obtenir une fixation mécanique compatible avec le protocole prévu tout en positionnant correctement l’implant pour la future restauration.

Il ne faut cependant pas confondre implantation immédiate et mise en charge immédiate.

Un implant peut être posé immédiatement après une extraction puis laissé en cicatrisation avant la pose de la restauration définitive. À l’inverse, dans certaines situations soigneusement sélectionnées, une restauration provisoire peut être installée rapidement.

La possibilité de réunir extraction, pose de l’implant et restauration provisoire dépend donc de plusieurs critères. La stabilité primaire en fait partie, mais elle n’est pas le seul élément de décision.

Que se passe-t-il si l’implant manque de stabilité primaire ?

Une stabilité primaire jugée insuffisante ne signifie pas nécessairement que l’intervention est un échec.

Le chirurgien adapte avant tout le protocole à la situation rencontrée.

Lorsqu’une mise en charge immédiate était initialement envisagée, il peut par exemple décider de ne pas solliciter l’implant pendant la première phase de cicatrisation. L’implant reste alors en place afin de permettre au processus biologique d’ostéointégration de se développer dans des conditions plus favorables.

Selon la situation, la restauration provisoire peut également être modifiée afin qu’elle n’exerce pas de contraintes importantes sur l’implant.

Cette possibilité explique pourquoi un plan de traitement peut évoluer le jour même de l’intervention. Les examens réalisés avant la chirurgie permettent d’anticiper la qualité et le volume osseux, mais la stabilité réellement obtenue n’est connue qu’une fois l’implant mis en place.

Un patient auquel une mise en charge immédiate avait été présentée comme une possibilité doit donc comprendre qu’elle peut être reconsidérée en fonction des constatations chirurgicales.

Cette adaptation n’est pas nécessairement un problème : elle vise au contraire à privilégier les conditions de cicatrisation de l’implant.

Une faible stabilité primaire signifie-t-elle que l’implant va échouer ?

Non. Une stabilité primaire moins importante que prévu ne permet pas, à elle seule, de conclure à un futur échec implantaire.

Elle peut surtout conduire le chirurgien à choisir un protocole plus prudent.

L’erreur serait de confondre deux questions différentes : « cet implant peut-il cicatriser ? » et « cet implant peut-il supporter immédiatement une restauration ? ».

Un implant qui n’offre pas les conditions recherchées pour une mise en charge immédiate peut bénéficier d’une période de cicatrisation avant d’être sollicité. Pendant cette période, l’évolution biologique autour de l’implant peut progressivement renforcer sa stabilité.

À l’inverse, une excellente stabilité mécanique au moment de la pose ne constitue pas une garantie absolue de réussite. L’ostéointégration reste un processus biologique qui dépend également de la cicatrisation et de nombreux paramètres propres au patient et au traitement.

C’est pourquoi le suivi après la chirurgie reste important même lorsque les valeurs obtenues le jour de l’intervention sont satisfaisantes.

Peut-on améliorer la stabilité primaire d’un implant ?

La stabilité primaire ne peut pas être considérée comme un paramètre que le chirurgien augmente simplement en serrant davantage l’implant.

Elle dépend d’abord de la situation anatomique rencontrée.

Avant l’intervention, l’examen clinique et l’imagerie permettent d’évaluer le volume osseux disponible et de préparer la stratégie implantaire. Le praticien peut notamment sélectionner les dimensions et la géométrie de l’implant en fonction du site à traiter.

Pendant l’intervention, la préparation du site peut également être adaptée aux caractéristiques de l’os. L’objectif est de créer des conditions favorables à l’ancrage initial tout en évitant de traumatiser inutilement les tissus.

Le positionnement de l’implant joue lui aussi un rôle essentiel. Chercher uniquement la zone offrant la résistance mécanique la plus importante n’aurait pas de sens si cela conduisait à placer l’implant dans une mauvaise position pour la future prothèse.

La recherche de stabilité doit donc toujours rester compatible avec le projet prothétique et avec le respect de l’anatomie du patient.

La qualité et la quantité d’os influencent-elles la stabilité ?

L’os des mâchoires n’est pas uniforme. Sa structure et sa densité peuvent varier d’un patient à l’autre, mais également selon la région de la bouche.

Cette différence explique en partie pourquoi deux implants posés chez un même patient peuvent présenter des niveaux de stabilité initiale différents.

Le volume osseux est également important. Le chirurgien doit disposer d’une quantité d’os suffisante pour positionner l’implant en respectant les structures anatomiques et le futur axe de la restauration.

Lorsque le volume disponible est réduit, plusieurs stratégies peuvent être envisagées selon la situation. Le praticien peut modifier les dimensions de l’implant, choisir un positionnement différent ou proposer une reconstruction osseuse.

L’objectif n’est donc pas simplement de « trouver de l’os » pour obtenir un ancrage. L’implant doit être positionné de façon compatible avec la future dent ou prothèse.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la planification implantaire doit intégrer dès le départ le résultat prothétique recherché.

Une greffe osseuse change-t-elle la stabilité de l’implant ?

greffe osseuse dentaire autour d’un implant avec biomatériau pour reconstruire l’os avant la pose d’une couronne
Illustration d’une greffe osseuse dentaire réalisée autour d’un implant pour reconstruire le volume osseux avant la pose d’une couronne.

Lorsque le volume osseux est insuffisant, une greffe osseuse ou une autre technique d’augmentation osseuse peut être envisagée.

Selon la situation, la reconstruction osseuse peut être réalisée avant la pose de l’implant ou, dans certains cas, au cours de la même intervention. Le calendrier dépend notamment du défaut osseux, du site traité et de la possibilité d’obtenir un ancrage satisfaisant de l’implant dans l’os disponible.

Il est important de comprendre qu’un matériau de greffe ne doit pas être assimilé immédiatement à un os mature capable d’assurer exactement le même ancrage mécanique.

Lorsqu’une reconstruction importante est nécessaire, une période de cicatrisation peut donc être prévue avant la pose des implants. Dans d’autres situations, une partie suffisante de l’implant peut être stabilisée dans l’os existant pendant qu’une augmentation osseuse est réalisée autour du site.

Il n’existe donc pas un calendrier unique associant greffe et implant. Le protocole dépend de l’anatomie et de l’importance de la reconstruction nécessaire.

Tabac, diabète et bruxisme influencent-ils la stabilité de l’implant ?

Il faut ici distinguer la stabilité mécanique obtenue le jour de la chirurgie des facteurs susceptibles d’influencer la cicatrisation ou les contraintes exercées ultérieurement sur les implants.

Le tabac et les implants dentaires constituent par exemple un sujet important, mais fumer ne signifie pas nécessairement que l’implant présentera mécaniquement un faible couple d’insertion au moment de sa pose. Le problème concerne notamment l’environnement biologique et la cicatrisation autour de l’implant.

De la même manière, diabète et implants dentaires ne doivent pas être résumés à une question de stabilité primaire. L’équilibre de la maladie et la situation générale du patient font partie des éléments pris en compte dans l’évaluation et le suivi du traitement.

Le bruxisme nocturne concerne davantage les contraintes mécaniques pouvant être exercées sur les dents, les implants et les restaurations. Ces forces doivent notamment être considérées lors de la conception de la prothèse et du suivi à long terme.

Ces facteurs peuvent donc intervenir dans le pronostic ou dans l’organisation du traitement sans nécessairement modifier directement la fixation mécanique obtenue lors du vissage initial de l’implant.

Comment évolue la stabilité de l’implant pendant la cicatrisation ?

La stabilité d’un implant n’est pas constante au cours des semaines qui suivent sa pose.

Immédiatement après l’intervention, elle dépend principalement de l’ancrage mécanique : c’est la stabilité primaire.

Commence ensuite le processus biologique de cicatrisation. L’os situé autour de l’implant se remodèle progressivement. La composante purement mécanique de la stabilité initiale évolue alors tandis que se développe progressivement une stabilité biologique liée à l’ostéointégration.

Cette évolution explique pourquoi la stabilité ne doit pas être interprétée comme une valeur définitivement acquise le jour de l’intervention.

Selon le protocole, le chirurgien peut effectuer des contrôles au cours de la cicatrisation avant de passer à une nouvelle étape prothétique. Lorsque cela est utile, une nouvelle mesure de stabilité peut également compléter l’examen clinique.

Le temps de cicatrisation de l’implant n’est donc pas simplement une période d’attente arbitraire. Il correspond à une phase biologique pendant laquelle l’environnement osseux de l’implant évolue.

Comment savoir si son implant est correctement ostéointégré ?

Le patient ne peut pas déterminer lui-même avec certitude si son implant est ostéointégré. Cette évaluation appartient au chirurgien-dentiste ou à l’implantologue.

Les contrôles permettent d’examiner la situation clinique, la cicatrisation des tissus et la stabilité de l’implant avant certaines étapes du traitement.

Un implant destiné à recevoir une restauration doit notamment présenter des conditions compatibles avec son utilisation prothétique. Selon la situation, le praticien peut compléter son examen par différentes mesures ou examens.

En revanche, une mobilité perceptible d’un implant n’est pas considérée comme normale et doit conduire à consulter rapidement le praticien qui a réalisé le traitement.

Le suivi ne s’arrête d’ailleurs pas à l’ostéointégration. Une fois la couronne, le bridge ou la prothèse fixée, des contrôles réguliers restent nécessaires afin de surveiller les tissus autour des implants, l’hygiène, l’occlusion et l’état de la restauration.

La réussite d’un traitement implantaire repose ainsi sur une succession d’étapes : obtenir une stabilité initiale adaptée, permettre l’ostéointégration, réaliser une restauration correctement conçue puis assurer son entretien et son suivi.

FAQ – Stabilité primaire de l’implant dentaire

Combien de Ncm faut-il pour qu’un implant soit stable ?

Il n’existe pas une valeur de Ncm universelle permettant de déterminer à elle seule si un implant est suffisamment stable. Le couple d’insertion est interprété en fonction du site implantaire, de l’implant utilisé et du protocole prévu. Certaines valeurs peuvent être recherchées pour des protocoles particuliers, notamment la mise en charge immédiate, mais elles ne constituent pas une garantie de réussite.

Qu’est-ce qu’un bon ISQ pour un implant dentaire ?

L’ISQ est un indicateur de stabilité qui doit être interprété dans son contexte clinique. Une valeur isolée ne suffit pas à déterminer la réussite future d’un implant ni à décider automatiquement d’une mise en charge. L’évolution de la mesure peut également apporter des informations utiles au praticien.

Quelle différence entre Ncm et ISQ ?

Le Ncm correspond au couple d’insertion mesuré lors du vissage de l’implant dans l’os. L’ISQ est obtenu par analyse de fréquence de résonance. Les deux méthodes évaluent donc la stabilité de manière différente et ne sont pas directement interchangeables.

Un implant peut-il bouger après sa pose ?

Un implant destiné à s’ostéointégrer ne doit pas présenter une mobilité clinique persistante. Une sensation de mobilité doit être signalée au chirurgien. Il faut cependant vérifier qu’il s’agit bien de l’implant lui-même et non d’un élément de la restauration provisoire.

Peut-on mettre une dent immédiatement sur un implant ?

Dans certaines situations, oui. Une restauration provisoire peut être mise en place rapidement lorsque les conditions cliniques et mécaniques sont compatibles avec le protocole choisi. La stabilité primaire constitue un critère important, mais elle n’est pas le seul.

Que se passe-t-il si l’implant n’est pas assez stable ?

Le chirurgien peut décider de ne pas mettre l’implant en charge immédiatement et de lui laisser davantage de temps pour cicatriser. Le protocole prothétique peut ainsi être adapté afin de protéger l’implant pendant l’ostéointégration.

Une faible stabilité primaire peut-elle s’améliorer ?

La stabilité de l’implant évolue pendant la cicatrisation. La stabilité mécanique initiale laisse progressivement place à une stabilité biologique liée à l’ostéointégration. Une stabilité insuffisante pour une mise en charge immédiate ne signifie donc pas nécessairement que l’implant ne pourra pas s’ostéointégrer.

Combien de temps faut-il pour qu’un implant soit ostéointégré ?

Il n’existe pas une durée identique pour tous les patients et toutes les situations. Le délai dépend notamment du site traité, de l’état de l’os, du protocole chirurgical et de la situation clinique. C’est le praticien qui détermine le moment approprié pour poursuivre les différentes étapes prothétiques.

Sources

International Journal of Prosthodontics – Significance of Primary Stability in Nonimmediately Loaded Dental Implants
Revue systématique et méta-analyse étudiant le rôle de la stabilité primaire, du couple d’insertion et de l’ISQ dans l’ostéointégration et la survie des implants.

Wiley – Relationship between implant stability measurements obtained by insertion torque and resonance frequency analysis
Revue systématique consacrée aux deux principales méthodes d’évaluation de la stabilité implantaire : le couple d’insertion et l’analyse de fréquence de résonance mesurée en ISQ.

Medicina – High Insertion Torque: Clinical Implications and Drawbacks
Revue scientifique analysant le couple d’insertion en Ncm et les conséquences potentielles de valeurs élevées sur l’os péri-implantaire, la cicatrisation et l’ostéointégration.

Journal of Stomatology, Oral and Maxillofacial Surgery – Relationship between insertion torque and ISQ of 600 implants placed in soft bone
Étude consacrée à la relation entre le couple d’insertion et l’ISQ ainsi qu’à l’influence des conditions osseuses sur la stabilité primaire des implants.

Article Validé et Co-signé par

Docteur Alexandre Cunha

Chirurgien pour Dentaire Futé

Master en medicine dentaire par l’université de Porto depuis 2011.
Spécialisé en chirurgie orale par l’université de Santa Clara, Cuba depuis 2012.
Spécialisé en Implantologie depuis 2013.

« J’ai lu l’article et certifie son contenu. »

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